L’homoparentalité mérite la censure

Le maire de la ville de Vérone, en Italie, vient de décider de faire disparaître des livres destinés à la jeunesse du catalogue de la bibliothèque municipale. Dans un mouvement ferme, il explique son intention de lutter contre « la théorie du genre », et de choisir au mieux les livres que les enfants pourront lire.

« Je suis favorable au dialogue et l’expression des opinions, ainsi qu’à l’absolu respect de la liberté de la presse. Je suis aussi convaincu qu’une famille est composée d’une mère et d’un père, et je défendrai cette valeur dans l’éducation des enfants et des jeunes », assure le maire, jetant de l’huile première pression sur le feu.

Récemment mis en place, il avait stipulé que cette mesure figurerait parmi les premières de sa prise de fonction, « retirer des bibliothèques et des écoles municipales et affiliées, les livres et publications qui placent sur un pied d’égalité la famille naturelle et celle de parents de même sexe ».

federico-sboarina

Les réactions face à la suppression de 7 ouvrages ne se sont pas fait attendre :

« Pour être parfaitement clair, quelle que soit l’idéologie qui motive votre désir de supprimer et censurer une gamme de livres publiés auxquels les citoyens de Vérone peuvent avoir accès est totalement déplacé. J’aimerais vous rappeler que, dans un pays démocratique comme l’Italie, il n’est en aucun cas acceptable que l’on pratique légalement la moindre forme de censure »

« Nous invitons le nouveau maire à réfléchir et à respecter les principes de la laïcité et de la pluralité de notre constitution, que son rôle l’amène à défendre. Que cela plaise ou non au maire, la multiplicité des familles et des êtres, dans la parentalité, les différences raciales et religieuses, les différentes orientations sexuelles, sont un fait, même à l’école, que l’on peut choisir de respecter ou non. »

« Quiconque réagit, face à des livres qu’il considère nuisibles, en envisageant de les faire disparaître, de les cacher ou de les brûler, doit se faire expliquer qu’il est plus utile et plus gratifiant de les lire, d’en écrire, de les publier, de les distribuer, de les vendre, d’en choisir, d’en prêter, de les préserver. »

En juillet 2015 — décidément, l’été n’est pas propice à la tolérance sous ces latitudes — le maire de Venise Luigi Brugnaro était également parti en guerre contre des livres évoquant l’homosexualité et l’homoparentalité.

« Les parents sont libres de faire leurs propres choix […], mais à l’école, il convient de garder à l’esprit que pour la majorité des gens, il n’y a qu’un papa et une maman », reconnaît le maire. Et certainement pas deux papas, donc.

Article tiré d'Actualitté.com (ici)

 

 

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